derrière les barreaux de la prison de Saint Gilles…

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À la suite d’économies imposées par le pouvoir fédéral, la prison de Saint-Gilles a dû rationaliser ses effectifs. Ceci entrainant cela, par manque d’agents pénitentiaires, la direction de la prison a décidé, le 30 juin 2015, de supprimer la quasi-totalité des activités collectives jusqu’au 30 septembre dernier. Faute d’accord entre l’administration pénitentiaire et les syndicats du personnel, les activités n’ont, cependant, pu reprendre à la date prévue.

Malgré un courrier officiel, datant du mois de septembre dernier, du Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge des Maisons de justice, Rachid Madrane et de ses homologues, adressé au Ministre de la Justice, lui demandant d’intervenir d’urgence pour débloquer la situation, rien n’y fit jusqu’alors.

Plus de 6 mois donc que les détenus n’ont plus accès aux cours, à la salle de sport, à la bibliothèque et toutes autres formes d’activité sociales et culturelles. Plus de 6 mois qu’ils sont, de ce fait, privés de leurs droits les plus strictes. Plus de 6 mois également que les  communautés ne peuvent plus exercer leurs compétences d’aide et de soutien à leur égard.

Face à cette situation persistante déplorable, j’ai posé une question au Ministre début janvier et lui ai proposé d’organiser une visite sur le terrain avec les membres de la commission Maison de Justice de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

C’est dans ce contexte que je me suis rendue, ce mardi 8 mars 2016, à la prison de Saint-Gilles avec quelques-uns de mes collègues députés, afin d’exercer notre mission de contrôle des infrastructures publiques. Une visite enrichissante, certes, mais frustrante surtout puisque nous n’avons pas reçu l’autorisation de rencontrer des détenus, ni de voir les douches et les cachots, malgré notre insistance. Un fait interpellant,  qui mérite d’être creusé !

Cette visite aurait-elle aidé à débloquer la situation ? Peut-être puisque le matin même, Rachid Madrane répondait, à une question de ma collègue Virginie Gonzalez sur le sujet, que des avancées avaient été actées lors de la dernière réunion du Comité de concertation, le 24 février dernier. La Direction y a d’ailleurs annoncé que la pratique des cultes, celle du sport et l’accès à la bibliothèque reprenaient progressivement jusqu’à la fin du mois de mars. Date à laquelle les activités socioculturelles des communautés pourraient également être envisagées. Une bonne nouvelle puisqu’à l’image de ce qu’a eu l’occasion de nous glisser furtivement un détenu, croisé au détour d’un couloir, l’urgence est palpable. Le sport, c’était sa manière de décompresser, de déconnecter. Sans ça, il reste enfermé toute la journée dans sa cellule et ça devient invivable.

Dans un mois, le Gouvernement fédéral présentera un rapport sur l’état d’avancement de la situation lors du prochain Comité de concertation. Je ne manquerai pas de demander au Ministre Madrane de nous en faire état en Commission et de poursuivre le combat si ce dernier ne s’avère pas satisfaisant.