Brexit: Échec ou opportunité ?

13509108_1238185652858553_4091603618124615198_nAujourd’hui, je pense aux nombreux écossais, irlandais, gallois et anglais qui ont voté pour le maintien de leur pays dans l’Union européenne.  Je pense aussi à Jo Cox, qui a été assassinée, la semaine dernière, pour le simple fait d’avoir défendu ses convictions progressistes de liberté.

Après des mois de discussions, de tensions, de drames humains et de mensonges, les citoyens du Royaume-Uni ont voté, par référendum, pour la sortie de l’Union européenne.

Si les britanniques se sont prononcés en faveur d’un Brexit, la sortie ne se fera pas du jour au lendemain. A présent, c’est un mécanisme complexe de négociations et de traités qui va se mettre en place.

L’histoire entre l’UE et la Grande-Bretagne a connu quelques turbulences, et ce depuis le début de l’adhésion au projet européen. Souvenons-nous du malheureux « I want my money back » de Margaret Thatcher. Cependant, cette décision du peuple britannique est un véritable choc et engendre bien d’autres questions. Ainsi, l’Irlande du Nord et l’Ecosse, qui ont majoritairement voté pour le maintien, estiment maintenant devoir quitter l’Union Jack par intérêt national.

Oui, la sortie de la Grande-Bretagne est un échec. Un échec pour le symbole que représente l’Union. Un échec pour les pères fondateurs qui rêvaient de cette Europe Unie, paisible et solidaire. Un échec pour toutes ces années de négociations qui, à la fin, semblent n’avoir été que vaines. Enfin, cette sortie est également un affront aux millions de britanniques qui désiraient rester dans L’UE.

Il ne faut pas se voiler la face, si la victoire du « non » au référendum est décrite, par certains, comme un sursaut de liberté et de souveraineté, elle démontre l’ampleur grandissante des replis égoïstes et nationalistes. Ces derniers bourgeonnent un peu partout en Europe, que ce soit en France, aux Pays-Bas ou même, ici, en Belgique. Comment faire face à cette situation ? Comment rattraper la « sauce » ?

Mais envisageons, un instant, la situation sous un autre angle : la sortie britannique peut également être vue comme une opportunité unique de changer l’Union européenne. Celle-ci est devenue, aujourd’hui, une machine bureaucratique dominée par les lobbys des grandes entreprises et par la pensée libérale qui, depuis la crise de 2008, n’a pu empêcher la mise place d’une politique d’austérité étranglant les citoyens européens. Le rejet du citoyen par rapport aux institutions démontre bien l’échec du projet européen de ces dernières années et nous devons réagir face au résultat de ce matin comme une opportunité unique de remise en question.

Relevons-nous et repartons sur de nouvelles bases! Unifions les pays qui veulent réellement un projet commun et transformons l’échec britannique en l’aubaine d’une transformation sociale et citoyenne de l’Union européenne… Nous devons faire de cet échec une force et réformer en profondeur nos institutions européennes pour une Europe plus solidaire et tolérante, ouverte sur le monde dans le respect de chacun.