Invendus mais pas perdus : Une conférence sur l’aide alimentaire en Brabant wallon

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Une personne dont le revenu n’atteint pas 973 € par mois est considérée comme vivant sous le seuil de pauvreté. En Belgique, on en compte 1 sur 7. Par manque de moyens, beaucoup de ces personnes ne savent pas subvenir à tous leurs besoins et se tournent vers l’aide alimentaire. Quotidiennement,  237.000 personnes y ont recours.

Ce lundi 14 septembre à 19h30 le Forum d’André Flahaut a organisé, en la Salle Defalque de Court-Saint-Etienne, une conférence – débat, sur les invendus alimentaires. Petit élément original : pour rentrer les participants devaient apporter une denrée alimentaire non périssable. L’ensemble de la récolte sera remis à une épicerie sociale.

Sous la houlette de Max Zimmermann, Directeur de Tv Com, la télévision locale du Brabant-wallon, 5 orateurs se sont succédés la parole afin d’aborder le point de vue des différents niveaux de pouvoirs sur le sujet. Dans l’ordre :

  • André Flahaut, Ministre d’État, Ministre de la FWB du Budget, de la fonction publique et de la simplification administrative
  • Maryline Charlier, Conseillère communale de Court Saint Etienne
  • Frédéric Daerden, Député – Bourgmestre de Herstal
  • Anne Lambelin, Députée wallonne – Présidente honoraire du CPAS de la Hulpe
  • Elisabeth de Kerchove, Coordinatrice Action Sociale Provinciale de la Croix-Rouge

Ce qu’on en retient :

  • En 2014, 788 points de distribution ont été recensés en Belgique dont 46 épiceries sociales en Wallonie.
  • En Belgique, la législation sur l’aide alimentaire a fait ses premiers pas à Herstal. Alors que son Bourgmestre était encore Député européen, il a imposé aux grandes surfaces de la commune, de plus de 1000 m², de proposer leurs invendus aux associations locales d’aide alimentaire, afin de faire face à la diminution de l’aide européenne en la matière.
  • Le système évolue mais il a ses limites … Premièrement, malgré les nouvelles circulaires, émises par l’AFSCA pour assouplir les procédures et les actes législatifs, la traçabilité, les dates de péremption et les étiquetages sont encore fréquemment causes de saisies. Deuxièmement, la demande des associations paraît souvent inférieure à l’offre des commerçants alors que ce n’est pas le cas. En cause : le manque de moyens de transports, de locaux adaptés à la quantité de denrées et de chambres froides. Troisièmement, le régime de la TVA, adopté par la Région wallonne, profite aux grandes surfaces, mais pas aux associations d’aide alimentaire. Les premières bénéficient, en effet, d’un moindre coût pour l’évacuation de leurs invendus alors que les secondes, ne sachant pas consommer tout ce qu’elles reçoivent, doivent payer l’évacuation des déchets que cela engendre et manquent souvent de ressources pour le faire.
  • Des start-up montantes, dont la belge « Foodwe » et l’internationale « Feeding forward », sont des plateformes qui mettent en contact les commerçants et les associations d’aide alimentaire. Certaines proposent même de se charger du transport.

En conclusion, il existe des initiatives publiques et privées pour palier à l’immense problème du gaspillage alimentaire. Malheureusement, les législations en matière d’hygiène se présentent souvent comme limite à ces initiatives. Pour davantage d’efficacité, la coordination entre les acteurs semble donc être la priorité.

Complémentairement à cette conférence, un triptyque, réalisé par le forum d’André Flahaut, sera distribué aux mutualités, CPAS, épiceries sociales, … qui le souhaitent. A l’intérieur de celui-ci, les infos et adresses utiles sur l’aide alimentaire en Brabant wallon.